Une surprise de taille

À travers ce texte, je vous ai présenté Betsy, la meilleure copine de Fanny, de ma série d’aventures « Les confidences de Fanny » basées sur les réalités de la vie en Haïti.

La présentation de Betsy est, en fait, le seul objectif réel de cette petite nouvelle très (trop) légère.

La première novella de la série des Confidences de Fanny est sortie en été 2018 sous le titre « Les lignes du destin ». La deuxième suivra bientôt.

Bon à savoir : les tomes pourront être lus indépendamment les uns des autres.  

Ils traiteront souvent de thèmes sérieux, comme un appel au secours et pour rendre hommage à ceux à qui justice n’a jamais été faite.

Cependant, je vous promets de faire l’effort de garder un ton aussi léger que les sujets le permettent.

Par contre, ici, il s’agit purement et simplement d’une petite nouvelle qui, je l’espère, saura vous arracher quelques sourires.. On en a jamais de trop! 🙂

Une surprise de taille – 20 pages

Extrait

La première fois que vous posez les yeux sur Betsy, vous vous retrouvez instantanément face à des choix plutôt primitifs de réactions.

Si vous êtes une femme, vos chances de l’apprécier chutent vertigineusement aussitôt que vos regards se rencontrent. Et si le vôtre ne parvient pas à dissimuler votre jugement sans appel sur sa personne, ses mots vous libéreront une fois pour toutes de l’obligation sociale de lui sourire.

Non qu’elle soit un être désagréable en soi… Néanmoins, elle est dotée de l’irrémédiable don de catapulter les gens hors de leur zone de confort. Sa posture, cet air de guerrière médiévale… Son corps, cette arme affûtée à la précision… Ses yeux, ces pupilles perçantes défiant vos préjugés… Tout ce qu’elle dégage vous agresse !

Si vous êtes un mâle, que vous aspiriez ou non à donner l’illusion d’un gentleman, votre esprit le devient résolument moins quand votre imagination s’égare dans les méandres de son décolleté. Soit dit en passant, il m’est également arrivé de voir de jolis yeux fardés se perdre à leur tour dans ce fascinant abîme.

Bref ! Autant sa poitrine vous paraît exagérément dynamique pour son âge présumé, autant vous brûlez d’envie de vous en approcher… pour vous assurer de son authenticité ! C’est, en tout cas, ce dont vous tentez de vous convaincre !    

Une fois revenu de votre inavouable émoi, vous notez son défi… Celui que vous lancent son menton hardi, son attitude à la fois séductrice et méprisante. Et, volontiers, vous acceptez le challenge de faire disparaître de son visage cet air de triomphe sur la vie, sur les hommes, sur les émotions. Même si, pour ce faire, vous deviez en arriver au sacrifice ultime — ô combien redouté — de votre propre corps !

Il n’existe qu’une poignée d’âmes plus nuancées qui iront chercher au-delà de cette apparence d’amazone des temps modernes pour se poser les bonnes questions… Quel a été son parcours ? Comment en est-elle venue à désirer sciemment projeter une image si peu reluisante et étonnamment impertinente à ses congénères ? Que camoufle-t-elle ? Pourquoi ? L’Homo Resosocius, fleuron de notre époque, a depuis longtemps délaissé toute interrogation non connectée à sa personne. N’est-il pas plus commode d’avoir des étiquettes toutes prêtes pour chacun ? Betsy l’a compris et a choisi celle qui la protégerait le mieux : « la salope ». Personne ne souhaite s’en mettre une à dos… Elles font des ennemies redoutables et de précieuses alliées !

Ainsi, la première fois où elle posa ses « Manolo Blahnik » dans les locaux du magazine « In & out » où je travaillais, en vue de passer son entretien d’embauche, je fus prise d’un accès de ferveur aiguë… J’appelai la Sainte Vierge… J’invoquai les esprits de mes ancêtres… Je priai les dieux de la mythologie créole – si, si, ça existe !… Je tentai tout ce qui était en mon pouvoir — et au-delà — pour empêcher le croisement des rails fragiles de ma pauvre vie avec ceux de cette dévoreuse d’hommes. Je l’imaginais déjà se dandiner, se trémousser devant les autres membres de l’équipe, tous des mâles en rut permanent… Leur décochant des sourires provocateurs faussement détachés. Et ainsi sacrer mon identité pas secrète du tout de super héroïne : La Femme invisible !

Les Cieux restèrent — contre toute attente — cois, imperméables à ma foi aussi soudaine que versatile : Miss « M’as-tu-vue » fut embauchée pour donner un coup de fouet à la section « Mode et Beauté » pendant que je devais continuer à me coltiner des articles hautement stimulants du registre « Toute la vérité sur les épinards : Popeye nous aurait-il menti ? ».  

Alors, dois-je vraiment prononcer les mots… ? Oui, j’exécrai cette femme ! D’emblée ! Avec mes tripes !

Et comme un malheur ne survient jamais qu’accompagné d’une ribambelle d’emmerdements, la même semaine, je m’endormis au volant de ma Toyota Camry en rentrant du travail.

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Episode 1: Les lignes du destin

Fanny nous fait vivre une aventure humanitaire telle que nous ne l’imaginerions jamais. Elle nous expose les beautés mais aussi les misères de ce pays soumis, entre autres, à la fureur des Éléments. C’est sans doute dans cet écrin que se nichent les plus belles amours et solidarités, tel est le message que l’on retiendra de cette magnifique relation qui se noue, de cette histoire d’amour dans un pays méconnu qui prête au rêve mais dont la réalité peut être si cruelle…

Cette novella s’inspire de faits réels. J’ai vécu personnellement certains événements rapportés ici. Pour d’autres, j’en ai été témoin.

La plupart sont de notoriété publique et peuvent être vérifiés. Toutefois, ils ont dû être adaptés à ce récit, car les réalités de la vie en Haïti sont quelquefois si cruelles qu’elles paraîtraient invraisemblables dans une fiction. Plusieurs lieux et événements non liés ont ainsi été combinés, romancés et les noms modifiés afin d’éviter de susciter mécontentement et représailles envers moi puisque j’y vis encore.

Cette histoire demeure donc une œuvre fictive.

CE QU’EN PENSENT LES LECTEURS

Ce formidable récit de Nina Jo vous bouleversera. Sans langue de bois, sans censure, l’auteure nous expose ce que, sans doute, aucun éditeur n’approuvera. En avertissement, elle nous prévient qu’elle a dû romancer les faits afin de limiter les risques qu’elle prend en nous emmenant dans cette magnifique histoire. Cependant elle réussit le tour de force de nous divertir et d’adopter parfois le ton léger qu’on lui connaît, ce qui donne un ensemble absolument dépaysant, un sublime et terrible voyage qui nous berce et nous baigne dans l’atmosphère magique de cette île abandonnée des dieux mais pas du cœur de ses habitants. À lire absolument.

Laurence LABBÉ


L’auteure nous livre une histoire troublante, touchante, où se mêlent l’humour, l’amour, la tristesse, l’amitié, la colère aussi, parfois. Le ton est tantôt, léger, humoristique, les petites phrases acerbes ou pleines de pétillant succèdent aux descriptions plus tragiques, sombres. Une vraie belle découverte, un vrai coup de cœur !

Alexis Arend


Une belle lecture estivale pour découvrir une excursion vers un orphelinat à travers un Haïti dévasté par un ouragan. Plume légère, personnages attachants, ton humoristique malgré son contexte : un univers où les oiseaux ne chantent plus et où on ne prend plus le temps d’enterrer les chiens. Va-t-elle y découvrir son prince charmant ?

Zébulon


Je découvre Nina Jo et un style puissant et intelligent. Puissant car on se fait mener par le bout du nez grâce à son écriture et une narration travaillée, intelligent parce que l’histoire parle « vrai » à nos oreilles. On a le sentiment d’être invisible et totalement immergé pour mieux observer et suivre une aventure qui nous tient jusqu’au bout. Un seul regret … c’est trop court 🙂

Fiji


Un premier tome très riche ! Surtout quand on sait que certaines anecdotes sont inspirées de la réalité. Les aventures de cette Fanny paraissent improbables et pourtant…

C’est une belle manière d’ouvrir les yeux aux gens en utilisant un discours romancé et humoristique.

Vivement la suite !

Amélie B.


Ce livre très bien écrit sensible, touchant et plein d’espoir nous replonge dans l’après catastrophe de Haïti. Elle nous permet à travers l’histoire d’une jeune journaliste qui se lance dans une opération humanitaire dans un pays en plein cauchemar de nous rendre compte de ce qui s’est passé et que nous avons malheureusement oublié.

Un très beau roman à mettre entre toutes les mains.

Marie-Do


Un style que j’aime beaucoup, très direct, un peu comme si nous étions à la table d’un café et que l’auteure nous contait ses aventures. J’adore son sens de l’humour et de l’autodérision et j’apprécie bien sûr le côté humanitaire de ce récit.

… Bravo, je suis fan et j’attends avec impatience le prochain livre !

Marie Bo


Je ne m’attendais pas du tout à cela. L’image de la pochette m’avait fait croire à une histoire légère et amusante, et ce que je trouve comporte des tournures de phrases très amusantes, mais représente une oeuvre émouvante, prenante, inattendue qui vous ouvre le coeur et l’esprit sur un pays où malgré les pires calamités, l’amour opère toujours quand même sa magie. Bravo pour ce voyage au bord de la tristesse qui révèle un coeur immense. Celui de Nina Jo. Respect !

Michel N. Christophe


Pour traiter ce sujet grave, Nina Jo utilise une plume vivante, qui jette un regard drôle sur son héroïne, la plaçant dans des situations cocasses, compliquées, traitées avec le sourire.

Un récit touchant, plein d’humour et qui aborde le choc d’un monde désabusé. A découvrir !

Marie


Le style est fluide. On rit beaucoup des plaisanteries fines de l’auteure… Un grand bravo, un vrai merci. C’est avec beaucoup d’émotion, d’enthousiasme mais aussi de nostalgie que je referme cet ebook.

Fanny Bernard (Lou B. Simone)


Une bien jolie découverte que ce court roman, celle d’une très jolie plume, fluide, teintée d’humour en dépit d’un sujet qui prête peu à rire. Celle aussi d’un pays dont on ne connaît quasiment rien et dont on ne parle jamais sauf quand il s’y passe une catastrophe, Haïti. L’histoire prend d’ailleurs place après le passage d’un ouragan ayant dévasté toute une région qui demeure coupée du monde et ne peut compter que sur l’apport d’une aide extérieure. Détournement de vivres, autorités corrompues, trafic en tous genres… à première vue, on pourrait plonger dans le sordide ; c’est sans compter la vision que Fanny, reporter locale, porte sur l’expédition humanitaire qu’elle accompagne et ses compagnons de route. Le récit est plein de fraîcheur, sans misérabilisme, sans complaisance non plus, presque fantastique parfois quand s’y mêlent les croyances locales. Touchant aussi par la présence des enfants, orphelins ayant tout perdu sauf l’espoir d’une vie meilleure.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire et je ne peux que vous en conseiller la lecture !

Perchino


Une belle aventure se déroulant dans un pays peu connu que l’on découvre avec joie sous la formidable plume de Nina Jo: Haiti. On se prend tellement à l’histoire que l’on aurait aimé qu’elle dure plus longtemps, mais il s‘agit d‘une novella, une tranche de vie. Celle d’une journaliste attachante qui enquête sur un trafic d’enfants après l’ouragan qui a frappé son pays. Tragédie, espoir, amour et suspense, un très beau mélange! À lire sans hésiter.

Justine


Avec une plume magnifique et maîtrisée, elle nous conte l’aventure de Fanny, partie enquêter dans une région dévastée par un ouragan. On y découvre la misère, la peur, mais aussi l’espoir, la solidarité, l’amour.

J’ai beaucoup aimé le côté déstructuré du récit, présent pour nous fournir les précisions nécessaires à la bonne compréhension de l’histoire au moment voulu. J’ai souri, versé ma petite larme au terme de l’épilogue et passé un vrai bon moment de lecture !

Marjorie Levasseur

Je n’ai pas l’habitude de ce genre de lectures, j’avoue. Mais je me suis laissé tenter malgré tout et je ne l’ai pas regretté !

J’ai réellement accroché à ce récit unique, basé sur une histoire vraie, qui retrace certains aspects sordides et méconnus. Mais jamais les descriptions ne versent dans le larmoyant à outrance, ou le mielleux.

L’humour cocasse de certaines situations, et surtout le ton employé de manière générale, très caustique et savoureux, contrebalancent la noirceur de certains faits relatés.

Au final, c’est croustillant, addictif, un vrai régal !

Vivement la suite, apparemment déjà prévue pour bientôt !

Daryl Delight


Voilà donc une nouvelle très agréable à lire ! Bien structurée. Elle m’a éblouie. Dès les premières lignes d’ailleurs. Son écriture est fluide. On commence. On entre dans le vif du sujet pour s’y installer progressivement et confortablement. Enfin ! On ne peut plus s’en passer. Alors on ne lâche plus du tout cette histoire. Cette histoire, qui quand bien même est mêlée de tristesses sur fond d’amertume, est d’une incroyable douceur. Parce que l’amour est là et l’espoir aussi. Bravo ! C’était formidable !

Elizabeth THALY


J’ai acheté cet ebook sur les conseils d’une amie qui avait adoré cette histoire. Je n’ai pas été déçue, loin de là ! Sur fond de drame réel (le passage dévastateur de l’ouragan Matthieu en Haïti), l’auteure nous emmène avec elle dans un voyage presque surréaliste, où pourtant beaucoup de faits décrits sont hélas tristement réels. On se laisse bercer, on s’indigne, on s’attriste. Et cependant, on rit, on sourit, on espère, on rêve aussi… C’est tout cela à la fois, et c’est ce qui fait la grande force de cette histoire ! »

No mercy

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Permettez-moi de vous présenter ma Fanny

Je réalise à peine que je ne vous ai jamais parlé de Fanny… Ma copine… Surgie un beau jour de mon inconscient.

Je réalise à peine que je ne vous ai jamais parlé de Fanny… Ma copine… Surgie un beau jour de mon inconscient.

Tiffany, trentenaire célibataire, journaliste reconvertie en romancière se fait le plaisir de me raconter ses péripéties et les petits bonheurs de sa vie en Haïti d’une voix mélodieuse et teintée d’humour qui me suit partout. Elle fait partie de ces personnages qui vous habitent et prennent vie aux moments où vous vous y attendez le moins, vous faisant sursauter ou pouffer de rire en pleine rue, provoquant des situations inédites face aux gens… Et là, je fais semblant de parler au téléphone… C’est compliqué… Un jour, c’est sûr, je finirai en camisole de force.

On ne s’est jamais encore vues mais je me suis fait ma vision d’elle. Je l’ai soumise aux talents d’un ami dessinateur et il a réussi à concrétiser exactement ce que j’avais en tête… N’est-elle pas mignonne, ma copine ? Agréable aussi, d’ailleurs!

Je n’arrive plus à vivre sans elle… Serait-ce le début de la folie ?

Fanny dans son hamac

Je me souviens encore de la première aventure qu’elle m’a racontée… Je vous en laisse un petit extrait.

Les lignes du destin – Extrait

 » Nous roulions depuis une heure sur la RN2. En direction du sud. Destination : la cité des poètes. En Haïti.

La ville de Jérémie aurait tout aussi bien pu porter l’emblème « la fierté de la presqu’île », tant pour sa beauté que pour ses richesses. Néanmoins, elle vit également naître, nourrit, inspira plusieurs de nos prestigieux auteurs, dont Etzer Vilaire, Émile Roumer… De nombreux artistes… Et s’enorgueillit d’avoir bercé le Général Alexandre Dumas, dont la progéniture marqua de célèbres empreintes le monde littéraire.

Les atouts de la cité étant infinis, il fallut, un jour, choisir celui qui attiserait la convoitise des autres villes. Et la poésie ambiante l’emporta.

Il vous plairait peut-être de découvrir quelques-unes de ses particularités. Je ne vais pas vous en priver.

L’une d’elles, dont ses filles et ses fils semblent assez fiers, est sa grande population métissée. Des mulâtres à la peau pâle qui instaurèrent, au siècle dernier, un système d’apartheid dans la région. Une situation qui mit en rogne notre fameux dictateur de l’époque, tyran émérite dont la réputation suffit, à elle seule, à nous tailler une petite place — un point rouge — sur la carte mondiale.

Ce zélé « défenseur de la négritude », comme le surnommèrent ses adeptes, ne trouva de meilleures réponses à ce défi social qu’un programme politique sur mesure exigeant de laisser libre cours à son despotisme. Et de secouer furieusement la localité par son racisme épuratif. Ce qui le mena à faire de la municipalité le théâtre d’une barbarie ignominieuse où périrent femmes, vieillards et enfants ayant eu le culot d’arborer une pigmentation dont le degré n’avait pas été approuvé par lui, le chef suprême.

Sa discrimination resta néanmoins curieusement sélective : notre césar épousa une mulâtresse qui lui assura une descendance d’un teint peu réglementaire. Une descendance qui, plus tard, choisit de suivre fidèlement l’exemple de Papa et non ses idéaux sociaux.

Le vœu pieux des uns — « éclaircir la race » — épousa celui des autres — « la venger » — et ils connurent des jours heureux.

Ce fabuleux « noiriste » dévoué exclusivement à la cause des « Noirs foncés » décima, au cours de décennies d’une répression sans merci, un pan de la population à la peau censurée… Parmi lesquels, étrangement, en majorité des intellectuels pouvant nuire à la stabilité de son mandat à vie.

Par ailleurs, la ville vécut plusieurs catastrophes naturelles. Mais ce peuple passionné de sa terre la reconstruisit chaque fois, toujours avec plus de courage et d’amour. Il dut même, à l’une de ces occasions, la déménager un peu à l’écart de son emplacement habituel.

Depuis lors, Jérémie se développa admirablement et réussit à se défaire — plus ou moins — de ses querelles ethniques.

Pourtant, bien au-delà de ces accomplissements, ce dont les habitants de la région se vantent le plus est le mysticisme qui enveloppe toute la Péninsule du Sud… Toute l’île, me direz-vous, cependant les Jérémiens sont les plus enclins à se glorifier de leur capacité à changer le cours des choses… Et des vies ! Plus souvent pour le pire que pour le meilleur ! Ils sont les plus heureux de compter parmi les leurs, selon des statistiques informelles, le plus grand nombre de sorciers au kilomètre carré. Et les plus virulents !

J’eus le bonheur de séjourner quelques jours dans ce merveilleux joyau ballotté par la mer des Caraïbes, il y a quelque temps. En compagnie de Betsy, ma meilleure amie et collègue, qui en est originaire. On avait fait le déplacement en vue d’un reportage à propos d’un canoë surchargé de pépites d’or abandonné et repéré en pleine mer par des pêcheurs. Reportage qui ne fut jamais visionné que par l’équipe qui l’avait tourné. Et par Martha, notre éditrice en chef, grise de colère. La mairesse n’avait laissé aucune zone d’ombre, lors de notre entretien, sur le sort que méritaient ceux qui s’amusaient à ternir la réputation de la cité… Inutile de préciser que pendant la durée de son pouvoir, qui s’étira sur plusieurs mandats, la ville connut une prospérité fulgurante et miraculeuse !

La réparation des routes fut le seul projet auquel elle ne pensa jamais. Ou cet oubli était-il volontaire ? Tentait-elle ainsi de protéger sa cachette des intrus curieux en shorts, toujours armés d’appareils photo, plus communément appelés « touristes » ? Toujours est-il que près de trois cents kilomètres de chaussée cahoteuse séparaient encore Port-au-Prince de ce paradis qui avait jusque-là survécu à tout et au pire.

Quant à la voie maritime, elle était réservée aux plus courageux et insouciants. Car, pour mériter de profiter de la vue saisissante de beauté de la ville de Jérémie depuis la mer, il ne fallait pas moins d’une journée — un peu plus à la nage ! – sur des ferries bondés, finissant souvent naufragés.

Nous avions donc préféré nous y rendre en avion.

Mis à part ma hantise de voler dans un engin plus minuscule que mon salon et secoué tel un manguier le dernier jour de la récolte, le voyage s’était plutôt bien déroulé. Aussitôt remise de la manœuvre finale particulièrement enthousiaste du pilote prépubère, je fus éblouie par le spectacle grandiose qu’offrait le petit hublot.

Ce décor de maisons en dentelle, de tuiles, de verdure, faisait penser à un extravagant puzzle. Des barques de pêcheurs glissaient nonchalamment sur les flots mugissants d’une mer aux cinquante nuances de turquoise, bordée de froufrous blancs… Et tout au centre de cette vue hypnotique se dressait un repère qui différenciait ce panorama de tout autre de l’île, ou même de la Caraïbe… Une intrigante bâtisse rouge brodée de guipure blanche, la Cathédrale Saint-Louis Roi de France ! Elle siégeait sur la place des Dumas où elle côtoyait le buste du fils légendaire du pays, Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie, qui fut nommé général par Napoléon en raison de son courage. Mais cette partie de l’Histoire, vous la connaissez sans doute mieux que moi !

En dépit de sa surpopulation et de tous les défis qu’elle eut à relever au cours des siècles, Jérémie continuait d’inspirer à ses enfants le romantisme, les ardeurs… C’était là mes derniers souvenirs de la cité des poètes.

***

Nous longions donc la RN2. C’était le lundi 24 octobre 2016. Un peu plus de deux semaines après le terrible ouragan Mathieu qui avait décimé vies et biens de la surface de la presqu’île du Sud.

J’avais encore du mal à remplacer les clichés idylliques de ma mémoire par les images post-apocalyptiques qui nous étaient parvenues… D’abord par les médias internationaux, puis par des chaînes de télévision locales où le gouvernement s’acharnait à contredire l’étendue abyssale des dégâts annoncés par les étrangers. À mon grand étonnement, d’ailleurs, puisque la stratégie inverse était un commandement sacré et elle s’était toujours révélée fructueuse financièrement pour eux et pour les grands organismes de secours.

C’était un de ces matins sombres lorsque même la nature rechigne à se réveiller… Les oiseaux hésitaient à chanter, le soleil à se lever… »

Alors, qu’en pensez-vous? Vous comprenez mieux pourquoi je continue à l’écouter? 🙂

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